Y’a pas que les cloches qui volent à Paques !
C’est pas une belle equipe de vainqueurs, ça ?
Bon, pour revenir un peu plus tôt au debut de l’évenement, y’a le Jean Claude Dieudonné (que je nommerai pour la commodité du récit, “le Vieux Jean-Claude”) qui m’appelle Samedi en me signalant un créneau possible ce lundi. Moi , tu me connais, je suis un garçon confiant, mais, chez le Vieux Jean Claude, j’ai quand même des rupteurs qui clignotent depuis qu’il m’a fait volé par force 7 ! j’appelle donc Jean-Claude Lenfant (que je nommerai donc “Jean-Claude” par commodité du récit), je ne sais pas bien si tu suis, mais pour tout te dire, je m’en bats les paupieres …….
En résumé, l’affaire se précise Dimanche ou la météo s’affirme clémente, même pour un jeunot comme moi.
Rendez vous est donné à Lagery, Jean-Claude-le-vieux m’affirme y etre monté hier pour voir si c’était praticable, et visiblement ça l’est. On part à l’aurore avec JC (tu suis, quand meme ?) , on arrive au terrain, nos véhicules respectifs ressemblent à s’y méprendre à des tracteurs ousbeques, et encore, très sales. Le terrain quand à lui rappelle étrangement l’Ile de Ré il y a un mois et demi, on y circule en barque et je te jure que c’est vrai, y’a deux mouettes qui rigolent perchées sur les poteaux fraichement plantés.
On prévient donc Jean-Claude-le-vieux, dénommé aussi “le malin” car lui , il n’est pas monté, il est resté les pieds au sec près du lavoir.
Après un bref conciliabule, on se repli vers Les Mesneux ou JC a repéré ce matin un déco possible sur une jachère avec un petit vent d’Ouest accueuillant.
L’arrivée, ou on rejoint Fred (que j’appellerai Fred, pour la commodité du recit) est un peu rock’n roll, le chemin d’accès est bien glaiseux, ça n’ajoute rien à la propreté de nos bagnoles qui n’en sont plus à ça près. Le Fred par contre est assez cocasse avec ses mules aux pieds, remarque, il s’en fout, c’est nous qui poussons sa voiture.
Jusque là, t’as remarqué que rien ni personne ne parle de paramoteur, mais bon attend un peu !
On se pose enfin, un super soleil, pas trop froid et surtout un terrain sec, sans mouettes ni goelands pour nous narguer, à peine un boxer avec son maitre qui attend patiement la suite des évenements.
On débale le matos, moi, pour une fois, je ne sais pas si c’est l’episode de pousse-megane qui m’a mis en forme mais je suis zen comme jamais, (tout compte fait, c’est peut etre une demi timbale au rhum, hier soir , va savoir).
A partir de là, tout se passe comme dans un reve, materiel, chauffage du moulbif, equipement, gonflage et décollage……. et crois moi, sans me la péter outre mesure, (encore que !), je suis le premier à décoler, et du premier essai siouplait, du velours, je gonfle, je me retourne, je met les watts , je cours un peu et je DECOLLE ! putain le pied, ca faisait un mois et demi.
Je me met à grimper en fa isant des O avec mon aile,….. et avec ma bouche !!; je vois mon JC qui decolle, Jean-Claude-le-Vieux, pourtant vieux briscar que l’on connait s’est peut etre mis trop pres du bois et en subit les turbulences, mais bon , il lui en faut plus pour le decourager, au bout d’une petite vingtaine d’essais, il s’élance enfin.
Fred lui prend un peu plus de temps, je crois qu’il ne recommencera pas son experience de decollage en savates, je le vois d’ailleurs aller changer de chaussures au bout d’un moment, contraint et forcé.
Nous voila donc tous les 4 en l’air, et comme la patrouille de France, nous partons chacun de notre coté avec un bel ensemble ………!!
JC taille la route pour faire un vertical Saint Euphraise (eveque francais martyre, mort brutalement en Afrique au 17eme siecle, mais , bon, en s’en branle un peu), Jean-Claude-Le-Vieux, lui est attiré très rapidement par la décharge de la DECTRA de Pargny-les-Reims, j’y vois un rapport indirect avec son Backbone qui y trouvera dans peu de temps un repos bien merité ! d’ailleurs, c’est pas dur de le repérer en l’air, il fume comme une vieille loco, et à terre, on le suit à la trace par l’huile qu’il perd, pourvu qu’on se fasse pas gauler par Nicolas Hulot.
Fred, lui comme il a peur d’avoir froid aux pieds, vole en rase-mottes, à 10-12 metres sol. Toujours tres propre dans ses evolutions, on vole un peu ensemble , j’essai de copier mais …… en fait, fort de mon peu d’experience, je ne peut pas voler si bas, je ne me sens pas de rejoindre JC à St Euphraise (eveque mort …… et tout l’bordel) à cause des piquets de vignes entre moi et l’aterro (crainte de debutant), quand à la Dectra, ……………. passons ! , je reste donc à voler avec moi meme en restant en deça des piquets de vignes, j’évolue donc au dessus de villedo, sacy et ecueil.
Je vole pendant 5 bonnes minutes les mains dans mon entrejambe, j’ai betement omis de mettre des gants et je peux te dire que je le deplore, ca pele pas mal , mais en meme temps ca me permet de me rendre compte que mon aile est vraiment stable (pardon, Frelon), sans tenir les commandes, ca vole presque mieux que quand je tiens le manche ! c’est limite vexant !
En repassant vertical terrain , j’apercois que des spectateurs s’amassent en foule à l’aterro , ca ne va pas simplifier mon poser, ça c’est sur, je vais passer pour la bille de service.Ils sont bientot tellement nombreux que j’ai du mal à les compter, il y a là, une mere et sa fille , et puis un jeune homme en Monocycle et le pere de JC, tu vois, moi des foules pareilles, ca me tetanise !
Je vois mon Fred qui vient se presenter en approche, il se pose comme à la parade, à un metre à l’interieur du terrain, tres propre sur lui.
Ca fait un peu plus de 45 minutes que je vole, je n’ai jamais resté aussi longtemps en l’air, mais tout à un fin !
Je fais une approche timide pour sentir les conditions, d’ailleurs, ça commence un peu à brasser en l’air, faut y aller, on peut prendre le probleme dans tous les sens, faudra bien que je me pose un jour ou l’autre, alors pourquoi pas maintenant.
Je me presente bien dans l’axe du vent (qui sournoisement s’est renforcé, et sans etre parano, je crois quand meme que c’est un peu pour me faire chier).
Entre le terrain et moi, il y a :
1/ une piece de vignes avec des piquet en quoi-tu-sais
2/ un champs de blé à peine sorti de terre
3/ LE TERRAIN
bien alligné, je sort de ma sellette, je coupe le moteur en avalant ma salive et je leve les bras comme on me l’a appris en CM2.
Seul probleme, le vent, comme je le suggerai, c’t'enfoiré est maintenant plus fort, je descend donc presque vertical, et au bout du compte (dure loi de la physique), je me pose, droit, debout, sans meme une tache à ma combinaison de vol; mais ….. au milieu du champs de blé, pffffff, enfin , ca ne va pas gacher mon plaisir.
Le retour au terrain tient un peu du Tracteur Pulling, je marche dans de la terre meuble avec une voile semi lovée qui prend bien le vent et qui m’empeche d’avancer. Ca n’ajoute hélas rien à mon prestige !
Voila, j’arrive enfin sur le terrain sous les hourras et les bravos de la foule en délire, on veut me toucher, m’embrasser, me prendre en photo, immortaliser la rencontre avec l’homme volant……….. je sais enfin ce qu’à ressenti Linberg, mais tu peux pas comprendre !
La dessus, JC et Jean-Claude-Le-vieux atterrissent, je dois l’avouer dans l’indifference générale, la foule n’ayant d’yeux que pour moi !
Jean-Clande-le-vieux, de dépit, immole son Backbone .

On termine cette matinée de folie au Champagne chez JC, riche de cette nouvelle experience et moi de mon nouveau succés auprès des dames !
Toi aussi, si tu persevere, un jour peut etre tu connaitras comme moi l’ivresse de la reconnaissance !
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